Les extérieurs du corps de logis Les chéneaux du château, qui causaient de gros problèmes lors de violents orages fréquents dans la région, ont été restaurés, ainsi que les descentes d’eau pluviales, selon le modèle du XIXe siècle. Un simple nettoyage de la façade nord a également été entrepris. Les volets de 1903 ont pu être réhabilités. Au nombre de 59, ils représentent 5 700 lames. Au cours de l’hiver 2010-2011, les quatre lucarnes de la façade septentrionale ont été entièrement démontées pour être restaurées par les entreprises Châtignoux et les Charpentiers de Bourgogne. Le programme est toutefois loin d’être terminé : lucarnes et façade côté sud, toiture ainsi que portail attendent encore leur tour.
Remise en état des douves
À gauche, l’une des lucarnes de la façade nord du corps de logis avant son démontage. Au centre, pendant les travaux. À droite, la lucarne remontée après sa restauration. Photos D. R.
Restauration des chéneaux selon le modèle du XIXe siècle. Photo D. R.
Maquette des vergers. Photo : Jean-François Lavrut.
Les dépendances transformées en espace culturel Le vaste bâtiment des dépendances, en briques et moellons, est une construction typique du début du XXe siècle. Elle apporte une cohérence à l’ensemble du domaine qui, à cette époque, vivait en autarcie, ou presque. Sa réhabilitation permettra de développer une action culturelle dans un avenir proche.
La réhabilitation des vergers du XIXe Le projet le plus récent, et peut-être aussi le plus exigeant, est celui de la renaissance des vergers créés au XIXe siècle. Une étude préliminaire approfondie a rassemblé, autour d’Éric Pallot, architecte en chef des Monuments historiques, Marc Lechien, architecte paysager en charge des parcs et jardins de Champagne-Ardenne, et Éric Dumont-Baltet, pépiniériste à Troyes depuis treize générations et conseiller pour le Jardin du roi au château de Versailles. Il faut imaginer un espace de 5 244 mètres carrés clos de murs. Au centre un vaste bassin circulaire, « le bassin du jardinier », point de jonction d’une croix d’allées. Autour, une cinquantaine de variétés de pommiers dont certaines sont citées au XVIe dans les traités de pomologie, tandis que d’autres ont été créées au XIXe. L’espace actuel retrouvera neuf jardins reliés au réseau d’irrigation d’origine, soit trois potagers, quatre jardins fruitiers, le jardin des mellifères et un verger.
En savoir plus À gauche, la façade de la chapelle avant travaux. Au centre, Éric Pallot, architecte en chef des Monuments historiques, sur le chantier. À droite, la façade de la chapelle restaurée. Photos D. R.
À gauche, les douves en herbe, avant leur restauration. Au centre, pendant les travaux. À droite, les douves telles qu’on peut les voir aujourd’hui. Photos D. R .
En 2002, les douves offraient l’image d’un espace sans eau couvert de roseaux. Comme souvent dans l’histoire, les eaux avaient été détournées… Depuis 2002, les douves ont été progressivement réhabilitées en partenariat avec la DRAC de Bourgogne, le conseil général de Côte-d’Or et l'association américaine French Heritage Society. Pas moins de 18 000 mètres cubes de terre ont été enlevés par les équipes de Nicolas Schmit. Plus de 200 mètres de murs de 5 mètres de haut ont pu être redressés. Un forage a été effectué : le royaume des roseaux s’est éteint pour donner naissance à celui des cygnes, canards et carpes. Il faut encore restaurer le pont et les murs de contrescarpe, effectuer le chaperon-nage des berges et réhabiliter le système hydraulique.
Cinq grands projets de restauration mis en œuvre Né d’un coup de cœur en 2002, le renouveau du château de Montigny-sur-Aube passe par cinq projets majeurs : la restauration des douves, du château, de la chapelle, des vergers et des dépendances. Le choix pour ses propriétaires était simple : ou bien restaurer tranquillement cette demeure à l’ombre de ses vieilles pierres en une vingtaine d’années, ou bien réaliser cet objectif à grandes enjambées en associant mécènes privés et institutionnels dans un même élan d’enthousiasme et dans l’intérêt du plus grand nombre. Un défi lancé par Marie-France Menage-Small et partagé par ses entreprises mécènes dans une même passion pour le patrimoine régional, rendu possible par la convention « mécénat » de la Demeure Historique. En quelques mois, trois institutions publiques et six entreprises privées ont répondu présentes. Ces dernières se sont engagées sur une durée de cinq ans, jusqu’en 2013. D’autres accords sont également en cours.
L’intérieur de la chapelle avec ses trois rosaces et sa voûte, d'une extrême magnificence. Photos : Daniel Chaslerie.
La renaissance de la chapelle La façade de la chapelle a pu être restaurée au cours de l’année 2009. Sept artisans ont consacré une grande partie de leur été à lui redonner toute sa splendeur, mettant en évidence les deux colonnes doriques surmontées de colonnes ioniques couronnées d’un fronton triangulaire. Le portail témoigne d’un style aussi raffiné. Il est composé d’une arcade cintrée, flanquée de pilastres corinthiens et surmontée d’un panneau rectangulaire où se lisent les armes de la famille d'Amoncourt. Les écoinçons de l’arcade, quant à eux, sont ornés de pampres et d’oiseaux. À l’exemple de sa façade, le décor intérieur réunit deux ordres superposés, dorique et ionique. Des colonnes jumelées, ici cannelées, soutiennent les entablements aussi purs qu’à l’extérieur. Trois rosaces, dans le chœur composé de trois pans, versent dans la chapelle une abondante lumière. Des niches peu profondes, privées de leurs statues comme le sont les rosaces de leurs vitraux originels, prennent place entre les coupes des colonnes ioniques. À la droite de l’autel subsiste une niche au décor dorique qui abrite la crédence du lavabo. Son décor est aussi remarquable que celui du portail d’entrée. À gauche, sous un enfeu rectangulaire, on trouve un tombeau décoré de larges rosaces et de cartouches : le cœur et les entrailles de Jean d’Amoncourt y furent déposés à sa mort. Quant à la voûte, elle est d’une extrême magnificence, traduisant une opulence rarement dépassée. Construite en forme de berceau cintré et soutenue par des arcs doubleaux, elle est entièrement revêtue de 240 caissons inspirés de modèles d’orfèvrerie. Réunis par des plates-bandes, ils sont ornés avec une harmonieuse profusion de cartouches chargés de rosaces et de cuirs. Les figures humaines, animales ou végétales sont traitées avec une vigueur plastique peu commune – à rapprocher de la chapelle Sainte-Croix, élevée de 1547 à 1549 dans la cathédrale de Langres par Jean V d’Amoncourt, à qui l’on doit la transformation de la place forte de Montigny en un majestueux château de la Renaissance.
D’après l’article d’Yvan Christ, cette chapelle mérite qu’on se passionne pour elle. Si le programme de mécénat le permet, la restauration complète de la toiture, des murs extérieurs en pointes de diamant mais également ceux de l’intérieur, sera réalisée.
CHATEAU DE MONTIGNY-SUR-AUBE
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